Évidemment, le titre du film se réfère aux quatre cavaliers de l'apocalypse, ce qui n'est pas pour nous rassurer... Ce film, qui a obtenu de nombreux prix, est essentiellement fondé sur de nombreux entretiens avec un certain nombre de personnalités comme Joseph Stiglitz ou Noam Chomsky.
Informations générales liées aux cours de François Mairesse, Professeur à Paris 3 - Sorbonne nouvelle, dans le département de Médiation culturelle
dimanche 17 janvier 2016
Les quatre cavaliers
Les quatre cavaliers est un film réalisé en 2012 sur la crise de 2008, le rôle passablement ignoble d'un certain nombre de ses acteurs et les conséquences désastreuses de la logique néoclassique actuelle.
Évidemment, le titre du film se réfère aux quatre cavaliers de l'apocalypse, ce qui n'est pas pour nous rassurer... Ce film, qui a obtenu de nombreux prix, est essentiellement fondé sur de nombreux entretiens avec un certain nombre de personnalités comme Joseph Stiglitz ou Noam Chomsky.
Évidemment, le titre du film se réfère aux quatre cavaliers de l'apocalypse, ce qui n'est pas pour nous rassurer... Ce film, qui a obtenu de nombreux prix, est essentiellement fondé sur de nombreux entretiens avec un certain nombre de personnalités comme Joseph Stiglitz ou Noam Chomsky.
samedi 5 décembre 2015
AHAE Mécène Gangster - par Bernard HASQUENOPH
L'enquête réalisée par Bernard Hasquenoph, célèbre créateur du site Le Louvre pour tous, se lit presque comme un roman policier.
Habitué à traquer les dérives potentielles des grands établissements culturels, dans leur recherche de ressources financières, Hasquenoph s'est penché sur les expositions du "photographe" coréen Ahae, dont tous les parisiens ont au moins le souvenir des curieuses campagnes d'affichage, dans le métro notamment. Étonnant souvenir de cet artiste inconnu mis en avant comme un nouveau prodige, présentant des images d'une mièvre banalité. Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur la place donnée à cette manifestation, et sur l'investissement considérable lié à cette manifestation. Hasquenoph est allé plus loin, cherchant à comprendre les raisons de cet investissement, et surtout l'identité de l'artiste inconnu.
Les révélations du blogueur-enquêteur, détaillées d'abord à travers son blog, seraient restées confidentielles si Ahae n'avait été étroitement mêlé au naufrage d'un bateau, en Corée, faisant plus de 300 victimes.

Cet ouvrage illustre, de manière tout à fait remarquable, les relations de pouvoir entre un mécène et l'organisme culturel bénéficiant de ses largesses. L'histoire d'Ahae, étonnante, montre les difficultés liées aux recherches de financement que les musées, notamment, sont contraints de développer, au fur et à mesure que les pouvoirs publics cherchent à limiter leurs interventions financières. La logique évoquée par Mauss (ou par Sénèque), "donner-recevoir-rendre", s'applique forcément aussi ici dans ce cas, induisant des difficultés importantes pour le musée sommé implicitement de reconnaître la générosité de son donateur et de lui proposer, en retour, des marques d'estime à la hauteur de son investissement. Même si l'argent n'a pas d'odeur, le musée conserve une partie de l'identité du donateur (parfois inscrite dans la pierre, comme au Louvre). Celle-ci peut s'avérer parfois encombrante...
Habitué à traquer les dérives potentielles des grands établissements culturels, dans leur recherche de ressources financières, Hasquenoph s'est penché sur les expositions du "photographe" coréen Ahae, dont tous les parisiens ont au moins le souvenir des curieuses campagnes d'affichage, dans le métro notamment. Étonnant souvenir de cet artiste inconnu mis en avant comme un nouveau prodige, présentant des images d'une mièvre banalité. Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur la place donnée à cette manifestation, et sur l'investissement considérable lié à cette manifestation. Hasquenoph est allé plus loin, cherchant à comprendre les raisons de cet investissement, et surtout l'identité de l'artiste inconnu.
Les révélations du blogueur-enquêteur, détaillées d'abord à travers son blog, seraient restées confidentielles si Ahae n'avait été étroitement mêlé au naufrage d'un bateau, en Corée, faisant plus de 300 victimes.

Cet ouvrage illustre, de manière tout à fait remarquable, les relations de pouvoir entre un mécène et l'organisme culturel bénéficiant de ses largesses. L'histoire d'Ahae, étonnante, montre les difficultés liées aux recherches de financement que les musées, notamment, sont contraints de développer, au fur et à mesure que les pouvoirs publics cherchent à limiter leurs interventions financières. La logique évoquée par Mauss (ou par Sénèque), "donner-recevoir-rendre", s'applique forcément aussi ici dans ce cas, induisant des difficultés importantes pour le musée sommé implicitement de reconnaître la générosité de son donateur et de lui proposer, en retour, des marques d'estime à la hauteur de son investissement. Même si l'argent n'a pas d'odeur, le musée conserve une partie de l'identité du donateur (parfois inscrite dans la pierre, comme au Louvre). Celle-ci peut s'avérer parfois encombrante...
lundi 28 septembre 2015
Géopolitique du musée
Géopolitique du musée
Séminaire de recherche ouvert au public
Musée national des Arts et Métiers
Si le monde des musées se présente comme une invention occidentale, on
sait sa fortune actuelle mondiale et la création d’établissements (plus de
60.000) sur tous les continents. A travers ce réseau global se dessine une culture
particulière, largement spectaculaire mais connaissant aussi, par-delà la
culture dominante qu’elle véhicule, des déclinaisons révélatrices d’autres
formes de transmission des connaissances. A l’aune du soft power et des enjeux
de l’économie de la créativité, le musée se présente comme le révélateur d’un
monde particulier, reflet du marché de l’art ou vitrine de la technologie, mais
aussi symbole des flux multiples accompagnant le développement des
musées : trafic des œuvres d’art, organisation d’expositions temporaires,
tourisme international…
Le séminaire aura lieu le jeudi, de 17h30 à 20h30, au Musée national
des Arts et Métiers, Salle de conférences, il sera animé par François Mairesse - plusieurs interventions seront également prévues
1. Soft power et conceptions du monde 8/10
François
Mairesse, Université Sorbonne nouvelle
2.
Economie muséale en temps de conflits et de paix
22/10
France
Desmarais, ICOM
3.
Les musées et le personnel 5/11
François
Mairesse, Université Sorbonne nouvelle
4.
Les objets 12/11
Anne-Catherine Hauglustaine, ICOM
5.
Les visiteurs et les connaissances 3/12
Brigitte
Juanals Université Aix-Marseille, et Jean-Luc Minel, Université Paris-Ouest Nanterre
6.
Les capitaux 10/12
Jean-Michel Tobelem, Option Culture
mercredi 6 mai 2015
L'inclusion sociale
Le terme d’inclusion sociale,
étroitement associé à celui d’exclusion, est apparu à partir des années 1990
dans les médias, parallèlement au développement du vocable social inclusion, utilisé dans le monde anglo-saxon. Face à la
montée des inégalités, de nombreuses politiques ont ainsi été mises en œuvre
pour tenter de lutter contre les mécanismes d’exclusion sociale, visant des
pans entiers de notre société.
De nombreux programmes ont ainsi été
financés à destination de publics spécifiques – sans domicile fixe,
prisonniers, malades, primo-arrivants, etc. – afin de développer leur
intégration au sein de la société, par le biais de la culture et de
l’éducation. Le rôle social des institutions de la culture et de l’éducation
bénéficie d’une tradition ancienne, qu’il s’agisse de l’école ou des théâtres,
des musées ou des bibliothèques. L’inclusion sociale, en ce sens, s’inscrit
dans une lignée incluant l’éducation populaire, l’action culturelle puis la
médiation culturelle.
Cet ouvrage a pour objectif d’analyser la
notion d’inclusion sociale, terme de plus en plus couramment utilisé en
français, en explorant ses origines, son fonctionnement actuel et ses
perspectives d’avenir, à travers plusieurs études menées en France ou au Québec
dans le monde de l’éducation et de la culture.
dimanche 5 octobre 2014
L'artiste commissaire
L'ouvrage publié cette année par Julie Bawin, aux éditions des archives contemporaines, s'inscrit parfaitement dans l'esprit des recherches actuellement en cours en matière d'expographie.
Ce livre très documenté passe en revue les différentes stratégies prises par les artistes pour exposer et faire exposer leur production, mais aussi celle de leurs amis, voire celles des musées.
Après avoir brièvement évoqué les premières démarches artistiques de Courbet ou de Manet visant à exposer leurs œuvres, Julie Bawin s'attarde plus généralement sur le XXe et le début du XXIe siècle. La période du Bauhaus ou la place de Marcel Duchamp et son rôle particulier en matière d'exposition sont particulièrement bien présentées, ainsi bien sûr que le développement des pratiques curatoriales à partir des années 1970 (Szeemann vs Buren). Mais c'est surtout l'analyse des projets d'artistes contemporains (avec une part belle réservée aux artistes et aux établissements français) qui mérite l'attention et fait l'objet des plus longs développements. Les pratiques d'auto-exposition, d'exposition par l'artiste de ses pairs, de même que la pratique de plus en plus répandues des "cartes blanches" laissées aux artistes par nombre de lieux contemporains ou de musées classiques, permettent de tracer la généalogie d'une tendance de plus en plus généralisée de l'artiste en travailleur polyfonctionnel.
Un livre utile pour tous ceux qui s'intéressent aux pratiques curatoriales et aux stratégies économiques prises par les artistes au sein du marché de l'art.
mercredi 1 octobre 2014
Les médiations culturelles et artistiques - Fr. Montadon et Th. Pérez-Roux
Les ouvrages qui parlent de la médiation culturelle sont suffisamment rares pour que ce nouveau titre soit mentionné. Fruit de la collaboration d'une dizaine de chercheurs issus de presque autant d'universités françaises, "Les médiations culturelles et artistiques" explore, à travers de nombreux exemples dans le secteur de la musique, de la danse, du théâtre et des arts plastiques, les multiples dimensions de la médiation culturelle et notamment ses liens avec le secteur social.
"A la lecture des différentes contributions, se dessinent des articulations plurielles et fécondes entre médiation artistique-culturelle, intégration et socialisation. [...] La médiation culturelle et artistique donne bien les moyens de s'identifier, de se référer, de s'approprier, de dynamiser la culture". (conclusions)
"A la lecture des différentes contributions, se dessinent des articulations plurielles et fécondes entre médiation artistique-culturelle, intégration et socialisation. [...] La médiation culturelle et artistique donne bien les moyens de s'identifier, de se référer, de s'approprier, de dynamiser la culture". (conclusions)
Voir la Joconde - approches muséologiques
Cet ouvrage est issu d'une collaboration entamée voici quelques années avec des (maintenant anciens) étudiants de l'Ecole du Louvre. L'exercice était simple: peut-on encore présenter une analyse originale de la Joconde? Si la chose s'avère difficile pour ce qui concerne l'histoire du tableau, en revanche, l'analyse du dispositif et sa réception par le public n'ont que rarement fait l'objet d'études précises.
Que
voyons-nous lorsque nous regardons la
Joconde ? Et comment le voyons-nous ?
Le tableau le plus célèbre du monde, admiré chaque année par des millions de
visiteurs du musée du Louvre, a suscité la rédaction d’innombrables
monographies évoquant son parcours particulier ou présentant sa place au sein
de l’histoire de l’art. L’objet de cet ouvrage est différent : il cherche
à préciser la relation que le public entretient avec Mona Lisa : d’abord en s’interrogeant sur le singulier rituel
que constitue la visite à La Joconde
et sur le dispositif qui a progressivement été mis en place afin de canaliser
les foules et valoriser l’œuvre. Ensuite en s’interrogeant sur son public, flux
continu de visiteurs souvent très différents, charmés ou parfois frustrés face
à l’œuvre. A travers six essais, présentant autant d’approches muséologiques
différentes, Voir la Joconde cherche
à appréhender notre relation singulière avec les œuvres d’art et les
dispositifs conçus pour les présenter.
Cet ouvrage inaugure la nouvelle collection "les cahiers de la médiation culturelle", dirigée par Bruno Péquignot et moi-même.
Cet ouvrage inaugure la nouvelle collection "les cahiers de la médiation culturelle", dirigée par Bruno Péquignot et moi-même.
mardi 25 mars 2014
Un récent rapport évoque, selon une approche similaire à celle utilisée quelques années plus tôt à l'échelle de l'Union européenne, la contribution de la culture à l'économie. Le rapport peut être téléchargé sur le site de la Documentation française.
mercredi 19 février 2014
Mobilisez-vous! Une pétition pour la médiation culturelle
La mention de médiation culturelle risque de disparaître des diplômes de Master, risquant d'anéantir l'effort de constitution d'un champ de pratiques et de recherches pour le moins prioritaire.
Pour signer la pétition: http://www.avaaz.org/fr/petition/Ministre_de_la_culture_et_Ministre_des_enseignements_superieurs_Nous_appelons_a_reconstruire_les_masters_de_mediation_cu/?tKjOWgb
Nous appelons à reconstruire les masters de médiation culturelle.
Nous venons d’apprendre que la
médiation culturelle vient d’être effacée de la liste des diplômes
universitaires. D’un coup d’un seul ce sont 20 ans de travaux liant étroitement
citoyens, artistes, professionnels et universitaires qui disparaissent. 20 ans
d’une bataille qui a réussi à inscrire les publics au cœur de l’action
culturelle. 20 ans d’efforts pour réconcilier les théories et les pratiques
portées par l’Education populaire et celles des professionnels de la culture. Pas
seulement de la culture instituée et défendue par le ministère du même nom,
mais la culture au sens large, celle portée par les citoyens, le monde
associatif, les amateurs qui œuvraient tous ensemble à ce que chaque culture
soit reconnue, travaillée appropriée.
La médiation a su trouver sa
place aussi bien dans la reconnaissance de cursus diplômants que dans les
cadres d’emploi tant des collectivités territoriales que de l’Etat. Aux côtés
des artistes, des administrateurs, des conservateurs, des chargés de
communication, les professionnels de la médiation sont devenus ces spécialistes
des populations visées par le projet de démocratisation culturelle. Nous avons
réussi à faire reconnaître qu’il était essentiel pour toute institution
patrimoniale et de création (musées d’art, de sciences, d’histoire et de
société, monuments historiques, bibliothèques, archives, centres d’art, centres
de culture scientifique et technique, centres d’architecture et d’urbanisme,
théâtres, centres chorégraphiques, orchestres, etc.) que des professionnels
accompagnent les publics dans leurs démarches d’appropriation.
Ce n’était pas simple ! Nous
avions constaté que la démocratisation culturelle ne pouvait être laissée aux
producteurs des œuvres, des créations, des savoirs, car ceux-là ont déjà fort à
faire pour inventer, chercher, créer. Nous savions aussi qu’il ne s’agissait
pas seulement de communication ni de marketing et qu’il fallait veiller à ne
pas assimiler les œuvres à des « produits » commerciaux. Nous savions
qu’il y allait de la justice et de l’égalité entre tous si l’on voulait éviter
que seuls ceux qui étaient déjà dotés d’un fort capital culturel se sentent
concernés par les arts, les savoirs scientifiques et la culture. Nous avons
voulu former des spécialistes qui auraient pour tâche d’intéresser les personnes
à ce que produisaient les artistes et les chercheurs. Nous avons inventé et
développé la « médiation culturelle », un ensemble de métiers qui
travaillent à diminuer l’écart entre les publics et les œuvres, qui font cet
indispensable travail de transmission. Ce travail ne relève pas seulement de
l’école mais de toutes les institutions de culture, petites et grandes, qui
maillent le territoire national et aujourd’hui
le territoire immatériel de l’Internet.
Cette fonction s’est imposée au
point que les musées ont reconnu son utilité en l’inscrivant dans la loi
« Musées » de 2002. Alors que les besoins sont immenses, pourquoi
supprimer aujourd'hui ces formations qui savent préparer les professionnels,
dans tous les champs disciplinaires, aux enjeux et aux pratiques de
transmission informelle ? Comment faire aboutir la réforme des rythmes
scolaires et l’instauration d’un parcours d’éducation artistique et culturelle
pour tous les élèves sans faire appel à ces professionnels qui savent faire
converger les besoins de l’école et les
ressources des équipements culturels ? Faut-il cesser de former des
médiateurs alors que se multiplient les dispositifs de sensibilisation et de
transmission pour lesquelles les artistes ou les scientifiques ne sont
nullement préparés ? Va-t-on laisser seuls les enseignants face à ces
missions, alors qu’ils ont pu constater l’utilité et l’importance des savoir-faire de ces nouveaux
professionnels ? Va-t-on purement et simplement abandonner d’immenses
territoires dans lesquels n’existent que de petits équipements culturels aux
moyens affaiblis par les restrictions budgétaires ? Où vont pouvoir se
former tous ces jeunes qui veulent mettre en place des projets culturels,
auprès des publics « empêchés » parce qu’ils sont dans des
établissements fermés (l’hôpital, la prison), sont enfermés dans la maladie ou
le handicap ou parce qu’ils n’y ont jamais eu accès et n’ont pas de famille
pour les y inciter?
Sans doute cette jeune profession,
qui figurait sur la liste des « nouveaux métiers, nouveaux emplois »
soutenus par l’État en 1997 (autant dire au siècle dernier) était-elle encore à préciser dans ses
misions, ses compétences, ses savoir-faire et ses références (sociologie,
histoire de l’art, communication, psychologie sociale, etc.). Mais c’est
précisément par cette ouverture, cette faible institutionnalisation qu’elle
pouvait affirmer son rôle d’interface et d’attention pour tous les publics,
d’intermédiaire efficace.
Plus encore, elle préfigure de
nouvelles façons de transmettre, car elle a été le lieu où pouvaient se
construire de nouvelles pratiques de formation, d’éducation, de
sensibilisation. Les lieux culturels, petits et grands, non contraignants,
ouverts à tous, mettant à la disposition de tous les savoirs et les productions
de toutes les populations (pensons aux écomusées ou aux orchestres amateurs)
reposent sur ces compétences variées qu’il est indispensable de maîtriser pour
que fleurissent les projets culturels qui sont indispensables à la construction
de chacun, dans le souci de l’autre.
Est-ce faute d’avoir pris
conscience de l’importance de la médiation culturelle que le ministère de
l’enseignement supérieur a pris la décision de supprimer ces diplômes ? Jusqu’où
fallait-il simplifier ? Les professionnels de la médiation et les
chercheurs ont-il pu se faire entendre ? C’est pourquoi nous demandons
tant au ministère de l’Enseignement supérieur qu’au ministère de la Culture de reconstruire les mastères de médiation
culturelle. La liste parue au Journal Officiel du 11 février 2014 page 2414
- texte n° 21 - Arrêté du 4 février 2014 témoigne d’un repli sur les
disciplines traditionnelles, oublie des champs culturels importants (la
photographie et le design par exemple), et positionne la médiation du côté des
sciences, en la mêlant à l’information. Or la médiation n’est pas de
l’information.
Si la médiation culturelle reste
absente des nomenclatures de formation, comment sera-t-il possible de former les
professionnels des services des publics dans les secteurs du patrimoine et de
la création? Comment seront formés ceux qui mettent la science en culture ?
Va-t-on assister à un retour en arrière, avec des publics qui ne seront plus
accueillis ? Oublie-t-on enfin que la qualité des médiations dans les institutions
culturelles est pour beaucoup dans leur réussite et dans leur rayonnement, auprès
de nos concitoyens et auprès d’un public plus lointain, celui des étrangers qui
viennent en France ?
Tous les pays développés ont de
tels professionnels, et ils sont souvent au même niveau de responsabilité que
les conservateurs (les scientifiques) et les gestionnaires. C’est loin d’être
le cas dans notre pays. En restaurant les mastères professionnalisant et de
recherche à la médiation culturelle, la France pourrait affirmer qu’elle ne renonce pas à
mettre les publics et les populations au centre du travail des institutions
culturelles. Elle donnerait ainsi un contenu à l’affirmation toujours répétée
et jamais concrète de la dimension culturelle de sa démocratie.
16 février 2014
dimanche 15 septembre 2013
La médiation culturelle
Le terme de médiation culturelle s'est progressivement répandu dans le monde francophone, sans doute parce qu'il semble simple à comprendre et à définir. Sous cette appellation se rangent pourtant de multiples enjeux et des acceptions très différentes. C'est notamment à cette tâche que nous avons tenté de nous atteler, Serge Chaumier et moi-même, afin de présenter un certain nombre de pistes de réflexion sur les multiples voies qui conduisent à la médiation.

S'il se veut une contribution à la réflexion théorique qui se poursuit sur ce nouveau champ multidisciplinaire, cet ouvrage a également été conçu pour donner des informations plus pratiques sur la formation à la médiation culturelle, les disciplines qui la composent et les savoirs qui lui sont associés.
S'il se veut une contribution à la réflexion théorique qui se poursuit sur ce nouveau champ multidisciplinaire, cet ouvrage a également été conçu pour donner des informations plus pratiques sur la formation à la médiation culturelle, les disciplines qui la composent et les savoirs qui lui sont associés.
lundi 29 avril 2013
Evaluation des enseignements de L3
Je remercie ceux qui m'ont rendu le document concernant l'évaluation des enseignements de L3. J'ai établi une synthèse de vos remarques, que j'ai transmise au responsable de la licence. Nous avons déjà discuté plusieurs fois des améliorations à apporter aux enseignements, et rencontrerons les enseignants pour évoquer les remarques positives ou négatives que vous avez apportées.
dimanche 21 avril 2013
Philosophie des jeux vidéos
Cet ouvrage publié en 2011par Mathieu Triclot est particulièrement éclairant pour comprendre le monde des industries culturelles de nos jours, et plus encore l'immixtion d'une certaine vision de l'économie (dans sa version la plus libérale) au sein de notre vie actuelle, par le biais notamment des jeux vidéos. A l'heure des "serious games" et autres méthodes visant à introduire du jeu partout, et notamment dans le travail, il importe de mieux comprendre la logique de ce qui n'est pas encore tout à fait considéré comme un produit culturel identique au théâtre ou au cinéma, mais dont la logique actuelle vise à rassembler le secteur des jeux vidéos et la culture, par le biais des industries créatives.
L'ouvrage s'attache à présenter l'histoire - de manière particulièrement pertinente - du jeu vidéo, depuis ses débuts, il y a maintenant cinquante ans, jusqu'à nos jours. Dissociant "game" et "play", Triclot évoque l'expérience particulière que constitue le jeu, et les différents ressorts sur lesquels se fonde le jeu vidéo.
Ce texte très clair et critique quant aux conséquences de l'industrie du jeu vidéo, résonne de manière particulière pour le muséologue. L'auteur cite la gamification du monde, l'expérience du joueur, décrit le dispositif technique du jeu vidéo, relie ce dernier à la critique d'Adorno, autant d'analyses qui pourraient être réalisées avec de nombreux médias, mais qui trouvent de nombreux échos avec celles portant actuellement sur les musées.
L'ouvrage peut être acheté sur papier, mais peut également être consulté gratuitement sur Internet, en cliquant ici.
lundi 4 février 2013
Questions d'expologie
Le titre de cet ouvrage renvoie à une longue discussion, largement abordée dans le Dictionnaire encyclopédique auquel Serge Chaumier à participé.
L'excellente collection Musée-Mondes, à la Documentation française, poursuit sa politique de publications. Ce petit "traité" réalisé par Serge Chaumier constitue un ouvrage d'un grand intérêt, tant pour les étudiants que les professionnels (son prix est très accessible). L'auteur, qui dirige le Master Expo-Muséographie à Arras, anime depuis de nombreuses années un blog où il témoigne, entre autres, de sa pratique très régulière de visite d'expositions aux quatre coins du monde. L'ouvrage aurait pu utilement tirer un peu plus parti de la collection des expositions visitées présentées dans le blog - le travail d'illustration s'avérant impossible à mettre en oeuvre, pour des causes bien compréhensibles de budget.
L'excellente collection Musée-Mondes, à la Documentation française, poursuit sa politique de publications. Ce petit "traité" réalisé par Serge Chaumier constitue un ouvrage d'un grand intérêt, tant pour les étudiants que les professionnels (son prix est très accessible). L'auteur, qui dirige le Master Expo-Muséographie à Arras, anime depuis de nombreuses années un blog où il témoigne, entre autres, de sa pratique très régulière de visite d'expositions aux quatre coins du monde. L'ouvrage aurait pu utilement tirer un peu plus parti de la collection des expositions visitées présentées dans le blog - le travail d'illustration s'avérant impossible à mettre en oeuvre, pour des causes bien compréhensibles de budget.
Serge Chaumier, ici, ne traite que d'expositions muséales, et non de celles des grands magasins ou de celles de foire (parfois évoquées). La matière est déjà assez abondante. Il ne s'inscrit pas non plus dans la tradition d'analyse de Newhouse ou de Altshuler. C'est en quelque sorte à l'exploration d'une sorte de grammaire - ou plutôt d'une rhétorique particulière - à laquelle nous invite l'auteur, s'inscrivant à la suite des travaux de plusieurs autres muséologues ayant largement contribué à ce domaine, comme Jean Davallon, André Desvallées ou Marc-Olivier Gonseth. La taille du traité (quelques intertitres supplémentaires auraient été les bienvenus) laisse présager de futures éditions, ce qui ne peut que nous réjouir.
lundi 1 octobre 2012
La médiation culturelle
Il est encore relativement rare de trouver des manuels évoquant la médiation culturelle. Celui-ci, qui se présente plutôt comme une synthèse d'expériences réalisées au Québec, vient d'être publié, en 2012, sous la direction de Jean-Marie Lafortune, aux Presses de l'université de Québec. Préfacé par Jean Caune, l'ouvrage aborde, de manière parfois inégale, les différents aspects de ce champ particulier, insistant notamment sur nombre d'actions en dehors des lieux conventionnels de la culture: expériences dans la ville, sur Internet, etc. L'introduction et les premiers chapitres restituent bien la dimension politique et sociale de la médiation, présentant les acteurs et les publics (ou non-publics) impliqués dans les actions. La seconde partie de l'ouvrage présente un grand nombre d'études de cas, toutes réalisées au sein de la belle province.
jeudi 29 mars 2012
Inside Job
Il n'est jamais trop tard pour parler d'un documentaire comme Inside Job, d'autant plus que la crise déclenchée fin 2007 est loin d'être terminée. Ce film montre, outre la cupidité effroyable des banquiers de Wall Street, le rôle étonnant joué par certains économistes universitaires dans la destruction du système qui a conduit à la catastrophe financière que l'on sait. Quatre ans plus tard, le système qui a permis les subprimes, la faillite de grandes banques d'affaires (Lehman Brothers), mais surtout la ruine de millions de citoyens, n'a absolument pas été transformé (sinon de manière cosmétique).
Ce film, qui se trouve facilement (il est même en réduction pour l'instant à la Fnac) constitue un document pour le moins intéressant à regarder.
Ce film, qui se trouve facilement (il est même en réduction pour l'instant à la Fnac) constitue un document pour le moins intéressant à regarder.
jeudi 22 mars 2012
Temps de cerveau disponible
Il y a quelques années, le Président de TF1, Patrick Le Lay résumait parfaitement la logique de la télévision commerciale:
« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...). Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. »
Une émission explorait il y a quelques temps les outils mis en place, ces dernières années, par les télévisions commerciales, pour rendre notre cerveau plus aisément disponible à la logique consumériste. Résultat édifiant:
dimanche 11 mars 2012
La restauration des peintures et des sculptures
C'est un fort bel ouvrage que viennent à nouveau de publier les éditions Armand Colin, les imposant toujours un peu plus comme éditeur incontournable dans le domaine de la muséologie.
La restauration des peintures et des sculptures. Connaissance et reconnaissance de l’œuvre, constitue une somme du plus haut intérêt. Nourri par les contributions de trois journées d'études, ce livre dresse, à travers le regard d'une quarantaine d'auteurs francophones (Français, Belges et Suisses), un panorama sinon exhaustif, du moins très riche, de la logique de la conservation-restauration dans nos régions. Pierre-Yves Kairis, Béatrice Sarrazin et François Trémolières, qui éditent le volume, se sont ainsi entourés des meilleurs spécialistes (Bourgeois, Bresc-Bautier, Périer-D'Ieteren, Serk-Dewaide...) afin de présenter les enjeux de la restauration à travers son histoire (restauration de la sculpture grecque ou des "monuments français" rassemblés par Lenoir), le travail d'étude des œuvres (préalable indispensable à la restauration technique) et, de manière plus générale, le double prisme de l'histoire de l'art et de la théorie de la restauration. Doté d'une iconographie aussi abondante que souvent spectaculaire, ce volume satisfera aussi bien l'honnête homme que l'historien de l'art ou celui de la restauration, qui y trouveront un appareil critique pour le moins imposant, et bien sûr le muséologue qui pourra y goûter la richesse de la pensée des grands noms de la restauration (Brandi ou Philippot). En ce sens, le traitement de la question du faux, de la restauration des œuvres ruinées ou des recyclages de sculptures, apparaissent comme des questions particulièrement fécondes d'un point de vue muséologique.
Le monde de la conservation-restauration constitue un univers en soi: son comité, au sein de l'ICOM, est le plus important en nombre d'affiliés, et de nombreuses revues spécialisées, colloques et journées d'études témoignent de sa vitalité. Au risque, peut-être, de prétendre à une vie en vase clos, à l'abri des turpitudes de la vie muséale quotidienne? A l'heure des manœuvres économiques et politiques qui entourent l'institution, il demeure plus que jamais nécessaire d'envisager un meilleur dialogue entre les diverses fonctions du musée et leurs acteurs - médiateurs, muséographes, régisseurs, etc - sous peine de se voir imposer, de l'extérieur, une vision de plus en plus éloignée des principes défendus naguère par Brandi, Rivière ou leurs émules.
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